
Tout à l’heure, j’accompagnais ma Petite Gavotte jusqu’à son bus, histoire de passer un petit moment avec elle et de promener le chien. Comme souvent le matin, je lui demande ce qu’elle a comme cours ou comme interro et elle m’interroge sur ce que je vais faire de ma journée. Je lui ai répondu que j’allais écrire 12 WEEKS, que j’avais rendez-vous avec France Travail, mais que j’allais commencer par écrire un billet de blog. « Sur quoi ? », m’a-t-elle demandé. Alors que je n’avais aucune idée quelques secondes avant, je me suis entendue lui répondre très spontanément : « Un billet sur le fait de chercher à créer des souvenirs, ou de chercher à atteindre le bonheur ».
Et finalement, ce billet sur les souvenirs et le bonheur, je l’écrirai plus tard, parce qu’en la quittant à son arrêt de bus, j’ai continué ma balade avec Bo-Bun (mon merveilleux chien, si vous ne le connaissez pas encore) et j’ai souri en pensant à toutes ces années (11 !) où je déposais mes trois enfants à la petite école du quartier. C’était presque systématiquement pendant les cinq minutes que duraient le chemin du retour que l’inspiration me saisissait et que je trouvais, sans vraiment le chercher, le sujet du billet que j’allais poster sur le blog dans la foulée. Le pouvoir de ces quelques pas était fascinants. À peine rentrée à la maison, je fonçais sur l’ordinateur et j’écrivais, le plus souvent (comme aujourd’hui), sans trop savoir où j’allais. Et je vous l’assure, il y a quelque chose de magique de voir sa pensée se diriger vers quelque chose de totalement inconnu.
Avec le burn-out et le Covid long (qui de la poule ou de l’oeuf ?) et la grande fatigue engendrée par le TSW, je crois que j’ai perdu foi en la magie qu’avait mon cerveau à se promener au fil de l’écriture. J’ai perdu mon « mojo » et, je l’avoue, j’ai eu l’impression d’être limitée. Il m’a fallu travailler plus, passer plus de temps sur des textes que j’écrivais sans même y penser avant. Écrire sur le blog est devenu difficile, ça ne coulait plus vraiment de source. C’était un peu comme une petite montagne à franchir à chaque fois et même si cela me réjouissait, c’était un effort qui me coûtait de l’énergie. Alors, l’envie de partager s’est elle aussi rétrécie.
Dans la même veine, l’autre jour, alors que j’arrêtais un puzzle parce que je le trouvais trop difficile – là aussi, j’avais cette notion de montagne à gravir et l’impression de ne pas en avoir les capacités, j’ai constaté que je renonçais. Même chose quand j’ai compris que si je voulais retrouver mon poids de forme, j’allais devoir perdre 12 kilos : j’ai vu la montagne et j’ai pensé : je n’ai aucune idée de comment on perd 12 kilos et cette simple pensée m’a empêchée d’imaginer que c’était une possibilité et donc, de commencer à reprendre mon assiette en main. À ma décharge, après une année de TSW (+ problèmes ophtalmo à répétition + abcès avec un mois de soins infirmiers + pied cassé avec un mois de piqûres) où quasiment TOUT était difficile, même ouvrir les yeux, même me doucher, même tourner la tête, même (et surtout) me regarder dans un miroir, je crois que je n’avais plus la ressource pour le « difficile ».
Et puis, l’évidence a fini par s’imposer il y a quelques jours : si j’arrête à chaque fois que c’est difficile, ma vie et mes compétences vont inexorablement rétrécir. Si je ne m’accroche pas quand je ne comprends pas ou quand je ne vois pas le bout d’une tâche, alors, je suis condamnée à rester dans ma zone de confort qui ressemblera bientôt à une prison et j’aime trop la vie et les surprises qu’elle me réserve pour figer ma situation.
« Je n’aime pas arrêter quand ça devient difficile », c’est Nadia Comaneci qui le dit, et j’avais juste oublié que c’était aussi ma façon de vivre et de voir les choses. La vie ne sera jamais une tartine pain brioché-Nutella, en tout cas, pas tous les jours. Alors je l’écris ici, parce que les mots que l’on encre/ancre ont un pouvoir : je vais continuer à gravir les montagnes, un petit pas après l’autre. Je vais revenir ici écrire des billets, même si je mets un peu plus de temps qu’à la belle époque. Je vais challenger mon cerveau pour qu’il ne devienne pas un pré carré sans horizon. Je vais me délester tranquillement des kilos pris ces derniers mois, même si cela doit prendre le double ou le triple du temps. Je vais, dans mon quotidien, continuer à avancer, même quand l’issue me paraît trop loin (comme avec le TSW).
Bref, je suis de retour par ici et je vous préviens : je promène mon chien tous les matin, je risque d’être là très souvent !
PS : Texte écrit sans IA (AOC Marjoliemaman since 2008)
PS 2 : Rejoignez l’aventure 12 WEEKS : la romance en ligne avec un nouvel épisode tous les jeudis !






3 commentaires
Un nouveau billet… top !
Je te trouve forte et inspirante …merci !
Merci pour ce texte sur ce qui est difficile, ce qu’on abandonne de soi, la zone de confort qui fait rétrécir le monde.
J’ai changé de vie car « je n’étais pas malheureuse mais je pourrais etre plus heureuse » et 3 ans plus tard après avoir traversé tout ce que cela impliquait je suis ultra-heureuse et fatiguée de la bonne fatigue d’être sortie de la zone de confort… qui s’appelle la vie ☺️
merci pour ton billet et pour ton blog encore et toujours
Oh la la je vous ai découverte en 2013 quand ma fille est née, ça m avait tellement aidée dans ms débuts de maternité.
Et la je retrouve la même joie de lire vos textes !!!
Merci à vous