
On grandit tous avec des idées préconçues, avec des valeurs que l’on épouse sans vraiment réfléchir, avec des évidences que l’on ne questionne pas. Parfois, ces idées vont nous porter et nous accompagner pour le mieux, d’autres fois, elles nous alourdissent et nous tirent vers le fond. Par exemple : « il faut travailler dur pour réussir » ou « pour vivre heureux, vivons cachés ».
Avec ma psychologue, on a déjà pas mal exploré les grandes notions avec lesquelles j’ai grandi et qui ont fini par me desservir. Mais ces derniers temps, j’ai identifié une nouvelle croyance qui pesait lourdement. Alors que je traîne toujours une fatigue monstrueuse car je suis toujours en plein TSW, j’ai quand même lancé deux nouveaux projets (12 WEEKS et un nouvel ebook qui arrive fin mai). Malgré toute mon envie de donner vie à ces projets, ils ont fini par générer une certaine angoisse presque paralysante. Alors j’ai voulu comprendre pourquoi, malgré cet élan, j’avais tendance à freiner des quatre fers… Et comme à chaque fois, j’ai décortiqué pour aller au coeur du souci. Mettre les mots en mouvement avec ma psy résulte toujours sur une grande avancée et c’est ce qui s’est passé une fois de plus.
Dans ma enfance, on m’a toujours dit « Dans la famille, c’est marche ou crève ». J’allais à l’école même malade, je faisais ce que j’avais dit que j’allais faire quitte à dépasser (négativement) mes limites, impossible de faire un refus devant l’obstacle. Marche ou crève. Je me suis d’ailleurs longtemps accroché à cette phrase pour élever mes enfants. Pour moi et pour eux. Et puis, je me suis assouplie, j’ai décidé d’écouter leur limites, leur fatigue, leurs douleurs et d’échanger avec eux pour voir si on pouvait déplacer un peu cette limite ou s’ils avaient besoin de s’arrêter. Mais j’ai gardé cette phrase comme un mantra pour moi.
Avec « marche ou crève » en tête, j’ai toujours assimilé l’arrêt ou la pause comme un danger. Comme un risque de ne jamais repartir. Comme un risque de crever, justement. Alors même si je n’avais pas les ressources pour continuer à avancer, j’avançais quand même. Voilà pourquoi j’ai relancé sûrement trop tôt des projets. Pour ne pas mourir. Je vous assure que quand j’ai compris ça, quelque chose à switché en moi. Je me suis offert de l’espace pour ne rien faire, pour rêver sans attendre un résultat. Comme si j’avais ajouté une case « rêve » à mon planning.
Pour continuer dans ce sens, ma psy m’a proposé de trouver une nouvelle devise que je voudrais transmettre à mes enfants, pour remplacer « marche ou crève ». Je n’avais pas d’évidence, alors elle partagé avec moi ce qui la traversait : une chanson de Suzane qui s’intitule « Marche ou rêve« . Les paroles n’ont pas grand rapport avec mon histoire, mais le titre, comment dire… je lui ai donné une dimension qui colle complètement avec la vision de la vie que je veux partager avec mes enfants.
Marche, parce que le mouvement, oui, c’est la vie. Marche parce que tu as une histoire à écrire, une vie à tracer, un monde à inventer. Ou rêve. Parce que le mouvement a besoin de se nourrir de fantaisie, de moments en creux ou tu te nourris de toi-même. Rêve en regardant le ciel, en t’allongeant dans l’herbe ou sur le sable chaud. Rêve pour te régénérer profondément. Le mouvement suivra.
Marche ou rêve, je n’aurais pu rêver plus belle devise pour remplacer le sinistre marche ou crève. Comme quoi, tout peut se jouer à un C près…
PS : l’illustration est ma toute première dans les nouveaux carnets d’aquarelle de My365…
PS : L’épiosde 6 de 12 WEEKS est en ligne. C’est le moment de craquer vous aussi pour ce feuilleton romance !






4 commentaires
Ça me parle et j’aime beaucoup ce Marche ou Rêve ! Bisous doux !
Bisous et keep up !
C est très touchant de lire tes questionnement, ton cheminement sur ces dernières années. Merci de le partager avec nous.
Ce qui m est resté de mon enfance, c est « qd on veut, on peut ». Mon mari m a beaucoup aidé à prendre conscience que cela pouvait me mettre plus bas que terre plutôt que de m aider. Ça progresse, ça chemine…
Oh ce « quand on veut, on peut », je le connais aussi… Il est sacrément culpabilisant ! Bon cheminement à toi.